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Macron, la gauche et les costards

Macron

Jugée comme « la plus rétrograde d’Europe », la gauche française se voyait accusée [par Michel Rocard] d’avoir perdu la bataille des idées, et tout concourait hélas à laisser deviner que, pour lui, une « victoire » eût consisté à pousser les feux plus loin encore vers la déréglementation de nouveaux marchés et l’exigence d’austérité. L’ex de la banque Rothschild qui avait été porté à la tête du ministère de l’Économie, poupon au regard exalté que certains rêvaient de porter tout au sommet, trouvait néanmoins grâce à ses yeux. Le jeune Macron « reste du côté du peuple, donc de la gauche », se portait garante la pythie socialiste, au soir de sa vie. Nul n’aurait pu dire exactement à quelle intuition ou à quel événement inconnu du public Michel Rocard se référait, tant chaque apparition dans une usine ou chaque percée dans un bureau de poste dudit Macron se terminait par la vindicte d’ouvrières outrées par son irrespect, par d’indignes bousculades avec des chômeurs en fin de droits, quand ce n’était même par des œufs écrasés.

Aude Lancelin, ancienne directrice adjointe de L’Obs (dont elle a été licenciée) et de Marianne, dans Le Monde libre, prix Renaudot essai 2016.

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