L’amour dure trois ans, et le nombrilisme toute une vie

L'Amour dure trois ans

L’Amour dure trois ans

Ce blog moribond aura connu creux et bosses, mous et remous, silence et (relative) vitalité. J’ignore si mon camarade compte prochainement nous régaler de ses pensées, j’ouvre de mon côté de nouveau le bal du cinéma, avec un habitué du lieu (et donc de mon cerveau, ce que je regrette) : Frédéric Beigbeder. J’apprécie le cocktail d’éclectiques critiques dont il remplit chaque semaine son shaker dans l’émission « Le Cercle » sur Canal+ Cinéma. Je concède qu’il partageait les torts sur l’odieuse adaptation de son 99 Francs par Jan Kounen. J’étais ulcéré par la majorité des bouquins qu’il avait écrits, mais voilà que son esprit boursouflé a décidé de nous concocter un film tiré de son propre livre L’Amour dure trois ans et sous-titré, de manière désopilante, « Le meilleur film de Frédéric Beigbeder ». Comme c’est le seul, c’est sans doute également le pire.

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Tu regardes quoi, là ?

Téléviseur Je suis parfaitement bien placé pour en parler : j’utilise presque quotidiennement un téléviseur, un iMac, deux PC portables, un téléphone mobile 3G et un iPhone. Je suis en phase avec mon temps : je lis les journaux sur internet, les émissions branchées de buzz m’intéressent, mon compte Facebook regorge de dizaines d’amis à qui je ne parle jamais, et mes quatre ou cinq messageries sont minutieusement vérifiées plusieurs fois par jour. Pourtant, tout en étant conscient de mon addiction et quoiqu’ils suscitent mon intérêt et ma curiosité, j’ai la vive impression que ces écrans m’abrutissent.

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Sans gloire ?

Brad Pitt Quentin Tarantino a fait débarquer sur nos terres occupées lors de la Seconde guerre mondiale ses Bâtards illuminés venus « exterminer du nazi » et très indirectement venger une juive dont la famille a été massacrée. Il en profite pour tricoter autour de ses personnages habituels ses thèmes habituels — mais en allemand —, se faire enfler les hanches et décrire Hitler et Goebbels comme des excités frénétiques et quasi comiques. La présentation est rapide et grossière, le film quelquefois un peu aussi, tout en étant très divertissant et souvent convaincant. Pas si simple, hein.

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Hado… quoi ?

CD De cette loi, on n’en comprend même pas le nom. Pourtant, qu’est-ce qu’on aime en parler ! Entre les vedettes, qui mettent au rencard leurs tendances généreuses dès lors qu’on touche à leur porte-monnaie, et les internautes, qui sont persuadés qu’on veut leur voler leur liberté (mais qui vole qui, aujourd’hui ?), nombreux sont les hypocrites, les menteurs et les couards, qui pensent que leur parole est la plus juste. Pour trancher un sujet aussi complexe que le rapport des droits d’auteur et d’internet, tout le monde s’installe, d’une manière immensément simpliste, dans un des deux camps proposés : pour ou contre Hadopi. Un peu court, non ?

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Un gars, deux filles

Two Lovers Dire que j’ai aimé Two Lovers serait une sorte d’euphémisme éhonté. J’y allais largement convaincu par les trois précédents films de James Gray — Little Odessa (1994), The Yards (2000), La Nuit nous appartient (2007) — et avec quelques images de chacun d’entre eux dans la tête.

Dommage que ce Two Lovers ne soit sorti qu’en 2008, et pas avant, car j’ai la sensation que l’on est plus tâtillon qu’il y a quelques décennies pour décréter qu’un film passerait à la postérité. James Dean et Natalie Wood, à côté de Joaquin Phoenix et ses partenaires, c’est de la bluette surannée.

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Socialiste pour elle-même (et elle n’a pas tort)

S. Royal

À titre personnel, cela faisait depuis le mois de février que je n’avais pas écrit quelque chose de politique ici. Plus trop envie, plus trop d’intérêt à perdre de l’énergie sur une lutte qui devrait être importante, mais qui devient accessoire, faute d’acteurs intéressants. Pourtant, le contexte était très fertile : réforme institutionnelle, crise économique, élection d’Obama. Mais voilà qu’arrive le congrès du Parti socialiste ! Inratable, un sujet pareil.

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Après le vacarme

Cantet Cannes En mai dernier, Sean Penn attribuait la Palme d’Or à Entre les murs, le film de Laurent Cantet, adapté du roman de François Bégaudeau, dont je connaissais bien la plume pour avoir lu des billets inégaux et prétentieux à propos de football dans Le Monde, ainsi que quelques critiques bien senties dans Les Cahiers du cinéma. J’ignorais en fait qu’à cette époque (ou juste avant) son activité principale était d’être prof de français. Le film, dans lequel il interprète presque son rôle sous un nom d’emprunt, prend le temps d’en dresser le portrait et celui d’une de ses classes, avec patience et justesse.

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Lorna, silence et sacrifice

Le Silence de Lorna

Dirigée par un vénal chauffeur de taxi, Lorna, une Albanaise parvenue à conclure un mariage blanc avec le camé Claudy, vient d’obtenir une carte d’identité belge contre euros, et compte bien à son tour monnayer sa nouvelle nationalité pour, à terme, ouvrir un snack avec son amoureux.

Le dernier film de Luc et Jean-Pierre Dardenne, qui a eu le Prix du scénario au dernier Festival de Cannes, fait partie de ces œuvres difficiles, qui assurément portent l’estocade contre le petit confort douillet du spectateur. Avec rigueur et précision.

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Croqué par la Pomme…

Apple Au cours du mois de ce mois de juillet, un journaliste de Libération racontait, dans un sous-site du quotidien intitulé « Écrans », toutes ses pérégrinations pour migrer de son ordinateur régi par le bon vieux Microsoft Windows, de l’ami Bill Gates, qui possède quelques deniers sur ses divers comptes bancaires, vers un système Linux nommé Ubuntu, qui passe pour le plus accessible d’entre eux. Bien que ce roman-photo en je ne sais combien d’épisodes ne passionnera pas beaucoup de monde, j’en recommande la rafraîchissante lecture aux plus passionnés de la souris d’entre vous. Surtout à ceux qui s’émeuvent des transitions d’écrans en cubes.

Ce qui m’a donné l’idée de ce billet de rentrée pour ce blog qui a changé d’allure, car, en ce même mois de juillet, moi, j’étais croqué par les amis du design et de la Pomme, puisque je m’aventurais dans la sphère Apple…

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Cannes : arnaque mondaine ou incomparable vitrine ?

Logo Cannes Le festival de Cannes qui vient de se clore sur la Palme d’Or décernée au film de Laurent Cantet, Entre les murs, fut, cette année encore, fidèle à lui-même : un formidable miroir de la situation du cinéma mondial et un défilé indécent de vedettes, aux cachets démesurés finançant l’exhibition grossière de leurs paires de jambes, yeux, joues, seins, fesses. Entre films souvent exigeants et mondanités engoncées, l’événement cannois se débat dans sa dualité, qui pourtant le fait vivre.

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