Si cher football…

Cristiano RonaldoÀ l’âge de onze ans, sans m’en rendre compte, je me suis mis à lire le meilleur hebdomadaire de géopolitique européenne : France Football. Son papier, qui d’abord était tiré des meilleures feuilles de chou, a vite affiché la couleur sur toutes ses pages, pour finalement posséder une bien désagréable odeur de polycopié. Faisant fi de ces désagréments, somme toute secondaires, j’ai bien compris qu’il était indispensable pour comprendre l’injustice de nos sociétés occidentales de s’intéresser à leur réduction microscopique : le monde du ballon rond.

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L’insoutenable complexité de la femme enceinte, chronique intime 2

Ma femme est enceinte. À peine arrivé dans le monde de l’éducation, nous allons déjà replonger dans le monde de l’élevage. J’intègre intensément le sens de l’expression « la vie est un éternel recommencement » et me préparer à retrouve la madeleine de Proust qu’est le petit rot du bébé après sa tétée.

C’est l’occasion aussi de retrouver une relation complexe de couple dans l’une des rares périodes de la vie dont nous savons quand elle commence et (presque) quand elle finit.

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Comment réussir son élevage d’enfant, chronique intime 1

Avec l’arrivée d’un bébé s’ouvre pour les nouveaux parents un monde inconnu jusque-là réservé à leurs propres parents, celui de l’accompagnement d’un enfant jusqu’à son âge adulte, et en particulier celui de l’éducation.

Pour développer un questionnement autour de ce thème, j’utiliserais autant que possible la première personne du singulier, car ce questionnement est propre à chacun, nourri par l’enfance, le vécu, le ou la compagne et les idéaux. Les lignes qui suivent sont plutôt intimes, je souhaiterais que le lecteur ne les considère pas comme un étalage indécent de vie privée mais de manière plus impersonnelle comme les interrogations d’un papa de 2015.

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La comète Charlie

Comete

Il y eut d’abord l’effroi de se rendre compte qu’on pouvait décimer des caricaturistes, des flics et des juifs dans la capitale du fameux « pays des droits de l’Homme », remontant à plus de deux siècles. Tout le monde, Foucauld, moi, tant d’autres, s’en trouvèrent meurtris, larme à l’œil en constatant les dégâts, dans un réflexe empathique qui aura étonné les plus sceptiques. Puis notre président, dont la fortune légendaire finalement revint taper à la porte, de la plus tragique des manières, décida que les huit, neuf et dix janvier seraient consacrés à un deuil national, ponctué d’une minute de silence générale.

Les journalistes, accrochant un petit ruban noir sur le logo de leur officine pour accomplir leurs forfaits, multiplièrent les émissions spéciales, en firent des pages sur deux frères en cavale, qui permirent pourtant à la police d’aisément les identifier. Naturellement sans savoir, sans pouvoir faire leur métier consistant à vérifier leurs sources. Pas le temps. Pour être les premiers à parler, pour briguer le scoop, il faut faire des concessions. Les photos des Kouachi devaient rester un document de travail ? Ils en décideront autrement, dès le jeudi. Les frères Kouachi auraient abandonné leur voiture et passeraient leur première nuit de fugitifs dans une forêt picarde ? Organisons des live à ce sujet, pour ne pas en gâcher une miette. Raté : sans aucune transition, si ce n’est avec force hésitations, causées par le manque de cohérence de leurs sources, la France se réveilla le lendemain avec une histoire bien différente. On découvrit les terroristes finalement reclus dans une imprimerie. Puis un supermarché casher fut également le théâtre d’une prise d’otages sanglante. Avant l’intervention simultanée des groupes d’élite de la police et de la gendarmerie, qui décimèrent sans ciller la triplette aux armes de guerre. Fin de l’abomination, le pays, ému, soulagé, reprit sa respiration, ses petites occupations. On savait dès lors qu’on n’en aurait pas fini de sitôt des conséquences de cette marquante histoire.

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La place de Charlie

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C’est le premier article que j’écris sous le coup de l’actualité… Je n’aurais pas souhaité pire. Je tâche depuis le 7 janvier de ne garder de la tuerie de Charlie Hebdo que la réaction forte des foules, mais le sang est plus difficile à effacer de la mémoire que du sol. Ce drame me touche personnellement, et je ne crois pas être le seul.

C’est l’un des rares moments de mon existence où une évidence m’est apparue, certaine.

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Petit papa Noël du dimanche

Cher papa Noël...

Un jour, bien motivé, ou vraiment contraint par le rythme de publication imposé par mon camarade, je ferai un billet entier sur les idées et le raisonnement de Jean-Luc Mélenchon. J’avoue avoir pour l’instant la flemme de me coltiner les commentaires ignorants du type « c’est un pantin d’extrême-gauche » (parce qu’il est loin de la marionnette, et loin de faire la révolution en envoyant qui que ce soit au goulag). L’angoisse de résister à « il est trop agressif », de ceux qui s’arrêtent à quelques envolées tout au plus taquines, mais fermement troussées. Le désarroi de devoir répondre à « il ferait mieux d’acheter un dentifrice », bien que je puisse être d’accord avec la remarque.

Pourtant, citons-le d’un éclair de lucidité, survenu au tout début du débat sur la loi Macron, devenue depuis sujet central d’actualité (cf. Le Monde du 10 décembre dernier) :

Le travail du dimanche, c’est le productivisme avec un P majuscule, la sacralisation de la société de consommation.

Si la société du XXIe siècle n’était pas à la fois désespérément consumériste et terriblement apathique, ces mots sonneraient comme une évidence béate. Pourtant, tout le monde s’en fout.

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Blog 2.0 (ou plus)

J’ai fermé ma page Facebook. À cela deux raisons:

  • L’absence de temps pour m’occuper correctement de son actualisation, le but inéluctable et sans fin de ce réseau si peu social ;
  • Un sentiment un peu triste d’un simple effleurement de la vie à travers ce prisme un peu fun mais aussi un peu futile.

Je le regrette déjà un peu, tant je me sens ringard de fuir ce parangon de modernité. Je rate même déjà des évènements si importants que… Mais il faut me faire une raison, tant pis pour Mark. D’autant plus que je tiens ma revanche, ce blog, que je souhaite l’inverse d’un réseau social : peu d’actualisation, peu de petites phrases, plus de réflexions.

Il y a néanmoins un détail qui me chagrine dans cette revanche : cela fait bien longtemps qu’il existe, ce blog, et si mon acolyte y a écrit des articles bien plus nombreux et mieux écrits que les miens, il est comme moi coupable de n’y avoir pas été fidèle. Le dernier article paru est en effet sa critique du film de L’amour dure trois ans en date du 30 janvier 2012. Presque trois ans, donc, le titre semble prémonitoire.

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L’amour dure trois ans, et le nombrilisme toute une vie

L'Amour dure trois ans

L’Amour dure trois ans

Ce blog moribond aura connu creux et bosses, mous et remous, silence et (relative) vitalité. J’ignore si mon camarade compte prochainement nous régaler de ses pensées, j’ouvre de mon côté de nouveau le bal du cinéma, avec un habitué du lieu (et donc de mon cerveau, ce que je regrette) : Frédéric Beigbeder. J’apprécie le cocktail d’éclectiques critiques dont il remplit chaque semaine son shaker dans l’émission « Le Cercle » sur Canal+ Cinéma. Je concède qu’il partageait les torts sur l’odieuse adaptation de son 99 Francs par Jan Kounen. J’étais ulcéré par la majorité des bouquins qu’il avait écrits, mais voilà que son esprit boursouflé a décidé de nous concocter un film tiré de son propre livre L’Amour dure trois ans et sous-titré, de manière désopilante, « Le meilleur film de Frédéric Beigbeder ». Comme c’est le seul, c’est sans doute également le pire.

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Familles, je vous aime !

Famille

Mariage ou pas ? Débat éternel de notre temps. Éternel depuis peu, en fait : il n’existe probablement que depuis deux générations. Avant, foin de débat, on se mariait, et puis c’est tout ! C’était plus simple, tout de même.

Ce sujet du mariage, qui semble un peu suranné dans l’absolue modernité de notre époque, ne laisse pourtant que peu de concubins insensibles, j’ai pu le remarquer une nouvelle fois au cours d’une récente soirée dont les aimables protagonistes se reconnaîtront. Eh oui, c’est un sujet qui ne laisse pas de marbre, que ce soit pour des raisons d’héritage culturel pourri, de confrontations de couple tendu(es), d’occasion manquées ou de non-dits refoulés.

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