Tu regardes quoi, là ?

Téléviseur Je suis parfaitement bien placé pour en parler : j’utilise presque quotidiennement un téléviseur, un iMac, deux PC portables, un téléphone mobile 3G et un iPhone. Je suis en phase avec mon temps : je lis les journaux sur internet, les émissions branchées de buzz m’intéressent, mon compte Facebook regorge de dizaines d’amis à qui je ne parle jamais, et mes quatre ou cinq messageries sont minutieusement vérifiées plusieurs fois par jour. Pourtant, tout en étant conscient de mon addiction et quoiqu’ils suscitent mon intérêt et ma curiosité, j’ai la vive impression que ces écrans m’abrutissent.

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Sans gloire ?

Brad Pitt Quentin Tarantino a fait débarquer sur nos terres occupées lors de la Seconde guerre mondiale ses Bâtards illuminés venus « exterminer du nazi » et très indirectement venger une juive dont la famille a été massacrée. Il en profite pour tricoter autour de ses personnages habituels ses thèmes habituels — mais en allemand —, se faire enfler les hanches et décrire Hitler et Goebbels comme des excités frénétiques et quasi comiques. La présentation est rapide et grossière, le film quelquefois un peu aussi, tout en étant très divertissant et souvent convaincant. Pas si simple, hein.

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Hado… quoi ?

CD De cette loi, on n’en comprend même pas le nom. Pourtant, qu’est-ce qu’on aime en parler ! Entre les vedettes, qui mettent au rencard leurs tendances généreuses dès lors qu’on touche à leur porte-monnaie, et les internautes, qui sont persuadés qu’on veut leur voler leur liberté (mais qui vole qui, aujourd’hui ?), nombreux sont les hypocrites, les menteurs et les couards, qui pensent que leur parole est la plus juste. Pour trancher un sujet aussi complexe que le rapport des droits d’auteur et d’internet, tout le monde s’installe, d’une manière immensément simpliste, dans un des deux camps proposés : pour ou contre Hadopi. Un peu court, non ?

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Décroissance phase 2

Décroissance 2 Mon blogueur d’ami David m’a, à juste titre, fait remarquer que parler de décroissance, ça ne faisait rien décroître du tout. Depuis, je réfléchis à tout ce qui est réalisable au quotidien pour limiter au maximum la croissance. Et puis, je réfléchis aussi à l’intérêt de la décroissance, à sa possibilité de réalisation et à son but. Commençons par le but, avec de nouvelles réflexions sur le sujet, car faire sans but, c’est le propre des fous (qui n’ont pas toujours tort).

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Un gars, deux filles

Two Lovers Dire que j’ai aimé Two Lovers serait une sorte d’euphémisme éhonté. J’y allais largement convaincu par les trois précédents films de James Gray — Little Odessa (1994), The Yards (2000), La Nuit nous appartient (2007) — et avec quelques images de chacun d’entre eux dans la tête.

Dommage que ce Two Lovers ne soit sorti qu’en 2008, et pas avant, car j’ai la sensation que l’on est plus tâtillon qu’il y a quelques décennies pour décréter qu’un film passerait à la postérité. James Dean et Natalie Wood, à côté de Joaquin Phoenix et ses partenaires, c’est de la bluette surannée.

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La décroissance, une révolution logique

Décroissance Il y a environ deux semaines, en surfant sur la toile, je suis tombé sur un film un peu étrange… Il est vrai que ce n’était pas tout à fait par hasard, plutôt une de ces graines étranges de la mémoire et de l’envie qui décident de pousser quand elles veulent, comme une de mes récentes dents de sagesse (qui m’a fait mal d’ailleurs). Enfin ce film présentait en un peu moins d’une heure plusieurs témoignages, interviews, reportages d’acteurs de la décroissance (« colporteurs de décroissance » semble constituer l’expression choisie par certains d’entre eux pour se qualifier).

Chers lecteurs, en toute émotion, et je suis assez ému de le livrer sur ce blog en « exclusivité », ce film m’a beaucoup touché et conquis au fur et à mesure que je décryptais la justesse et la portée des propos tenus par tous les zigotos dudit film. Et j’apprécie, symboliquement, de pouvoir rendre publique mon émotion en creusant davantage le principe de la décroissance, car c’est un sujet qui est de plus en plus actuel (et non rétrograde) et de plus en plus public : il nous concerne tous, et concerne tout.

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Socialiste pour elle-même (et elle n’a pas tort)

S. Royal

À titre personnel, cela faisait depuis le mois de février que je n’avais pas écrit quelque chose de politique ici. Plus trop envie, plus trop d’intérêt à perdre de l’énergie sur une lutte qui devrait être importante, mais qui devient accessoire, faute d’acteurs intéressants. Pourtant, le contexte était très fertile : réforme institutionnelle, crise économique, élection d’Obama. Mais voilà qu’arrive le congrès du Parti socialiste ! Inratable, un sujet pareil.

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Après le vacarme

Cantet Cannes En mai dernier, Sean Penn attribuait la Palme d’Or à Entre les murs, le film de Laurent Cantet, adapté du roman de François Bégaudeau, dont je connaissais bien la plume pour avoir lu des billets inégaux et prétentieux à propos de football dans Le Monde, ainsi que quelques critiques bien senties dans Les Cahiers du cinéma. J’ignorais en fait qu’à cette époque (ou juste avant) son activité principale était d’être prof de français. Le film, dans lequel il interprète presque son rôle sous un nom d’emprunt, prend le temps d’en dresser le portrait et celui d’une de ses classes, avec patience et justesse.

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Travailler

Travailler nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage « Si tu veux travailler, assieds-toi et attends que ça passe. » (proverbe corse)

J’ai pensé, pour mes — presque — six mois d’absence sur ce blog, parler de mon nouveau métier de conducteur de travaux, mais finalement un thème plus générique comme celui du travail me donnera davantage l’occasion de construire l’article « intellectuel » dont je rêve depuis longtemps. À ceux qui le liront jusqu’au bout, merci.

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Lorna, silence et sacrifice

Le Silence de Lorna

Dirigée par un vénal chauffeur de taxi, Lorna, une Albanaise parvenue à conclure un mariage blanc avec le camé Claudy, vient d’obtenir une carte d’identité belge contre euros, et compte bien à son tour monnayer sa nouvelle nationalité pour, à terme, ouvrir un snack avec son amoureux.

Le dernier film de Luc et Jean-Pierre Dardenne, qui a eu le Prix du scénario au dernier Festival de Cannes, fait partie de ces œuvres difficiles, qui assurément portent l’estocade contre le petit confort douillet du spectateur. Avec rigueur et précision.

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