L'évidente candidature de Clémentine Autain
Par David E. le mardi 31 octobre 2006, 00:08 - Politique - Lien permanent
Tout comme le FN n'est plus « d'extrême droite », mais défend la « droite nationale », on n'emploie plus vraiment le terme « extrême gauche ». Non, ça fait trop stalinien ; on pense bien trop facilement aux goulags et à ses funestes exterminations. Maintenant, on évoque la « gauche antilibérale », pour encore un peu plus se détacher de la gauche socialiste, qui, par constraste, est évidemment appelée « gauche sociale-libérale ».
Au cœur de cette sémantique mouvante, plusieurs personnalités aimeraient s'extraire de la gauche de la gauche, afin d'incarner l'étendard de tous les anticapitalistes de France et de Navarre. Marie-George Buffet, secrétaire nationale du moribond PCF, jamais rebaptisé, serait en fait la candidate la plus logique, car la plus versée aux habitudes de l'exercice du pouvoir. À la tête d'un parti qui compte encore quelques dizaines de parlementaires, elle est elle-même député de Seine-Saint-Denis depuis presque dix ans. Problème, son charisme est assez faible (euphémisme) et sa popularité ne l'est pas moins.
À côté, voire encore un poil plus à gauche — il est amusant de constater que la surenchère à l'extrême droite est quant à elle autrement plus mal vue, alors qu'il s'agit d'une immodération dans les mêmes proportions —, on trouve aussi José Bové, le moustachu hors-la-loi revendicatif, l'énarque gauchiste Yves Salesse, ou encore Patrick Braouezec, également encarté au Parti communiste. Sans compter les candidats quasiment définitifs que sont Olivier Besancenot et Arlette Laguiller, le jeune facteur et l'expérimentée ex-employée du Crédit Lyonnais.
Cependant, s'il ne devait en rester qu'une (dirait Highlander), ce serait Clémentine Autain. Je ne dis pas cela de façon partisane, ne risquant théoriquement pas de me prononcer en faveur de cette région de l'échiquier politique. Cependant, l'adjointe (« apparentée communiste », il faut bien avoir une étiquette dans ce panier de crabes) du maire de Paris cumule moult avantages sur tous ses concurrents. Mieux, sur le terrain de Ségolène Royal, c'est-à-dire celui de l'image, elle donne le change : c'est une femme, qui peut réellement incarner le renouveau (elle n'a pas été élue député pendant des années ou nommée ministre...) et qui est autrement plus pugnace que l'égérie socialiste du Poitou.
Maintenant qu'elle dispose d'une petite notoriété, c'est elle qui pourrait, par son évidente aisance lorsqu'elle est confrontée à la contradiction ou aux médias, fédérer l'ensemble de son camp. Ce dernier est d'ailleurs idéologiquement celui dont les petites aspirations personnelles devraient le plus s'effacer derrière le programme ; le dogme, même. Alors que l'extrême gauche dispose d'une femme, sexe politiquement à la mode, de la génération du populaire Olivier Besancenot, avec l'ouverture didactique en plus, elle aurait à mon sens tort de s'en priver.
À eux de voir.