À côté, voire encore un poil plus à gauche — il est amusant de constater que la surenchère à l'extrême droite est quant à elle autrement plus mal vue, alors qu'il s'agit d'une immodération dans les mêmes proportions —, on trouve aussi José Bové, le moustachu hors-la-loi revendicatif, l'énarque gauchiste Yves Salesse, ou encore Patrick Braouezec, également encarté au Parti communiste. Sans compter les candidats quasiment définitifs que sont Olivier Besancenot et Arlette Laguiller, le jeune facteur et l'expérimentée ex-employée du Crédit Lyonnais.

Clémentine Autain Cependant, s'il ne devait en rester qu'une (dirait Highlander), ce serait Clémentine Autain. Je ne dis pas cela de façon partisane, ne risquant théoriquement pas de me prononcer en faveur de cette région de l'échiquier politique. Cependant, l'adjointe (« apparentée communiste », il faut bien avoir une étiquette dans ce panier de crabes) du maire de Paris cumule moult avantages sur tous ses concurrents. Mieux, sur le terrain de Ségolène Royal, c'est-à-dire celui de l'image, elle donne le change : c'est une femme, qui peut réellement incarner le renouveau (elle n'a pas été élue député pendant des années ou nommée ministre...) et qui est autrement plus pugnace que l'égérie socialiste du Poitou.

Maintenant qu'elle dispose d'une petite notoriété, c'est elle qui pourrait, par son évidente aisance lorsqu'elle est confrontée à la contradiction ou aux médias, fédérer l'ensemble de son camp. Ce dernier est d'ailleurs idéologiquement celui dont les petites aspirations personnelles devraient le plus s'effacer derrière le programme ; le dogme, même. Alors que l'extrême gauche dispose d'une femme, sexe politiquement à la mode, de la génération du populaire Olivier Besancenot, avec l'ouverture didactique en plus, elle aurait à mon sens tort de s'en priver.

À eux de voir.