Tout comme le FN n'est plus « d'extrême droite », mais défend la « droite nationale », on n'emploie plus vraiment le terme « extrême gauche ». Non, ça fait trop stalinien ; on pense bien trop facilement aux goulags et à ses funestes exterminations. Maintenant, on évoque la « gauche antilibérale », pour encore un peu plus se détacher de la gauche socialiste, qui, par constraste, est évidemment appelée « gauche sociale-libérale ».
Au cœur de cette sémantique mouvante, plusieurs personnalités aimeraient s'extraire de la gauche de la gauche, afin d'incarner l'étendard de tous les anticapitalistes de France et de Navarre. Marie-George Buffet, secrétaire nationale du moribond PCF, jamais rebaptisé, serait en fait la candidate la plus logique, car la plus versée aux habitudes de l'exercice du pouvoir. À la tête d'un parti qui compte encore quelques dizaines de parlementaires, elle est elle-même député de Seine-Saint-Denis depuis presque dix ans. Problème, son charisme est assez faible (euphémisme) et sa popularité ne l'est pas moins.