La campagne interne du Parti socialiste touche à sa fin, et je crois que ce n'est pas pour déplaire à la majorité de la population. Si les militants socialistes, qui se regardent toujours obstinément le nombril, se sentant investis d'une mission immensément importante, ne sont pas lassés des débats et font mine de ne pas avoir fait leur choix, l'ensemble de l'opinion, après avoir jugé l'initiative courageuse et intéressante, s'est maintenant largement détournée de ce débat. Ceci est d'ailleurs un peu à l'image des retours que l'on a pu avoir sur les trois débats télévisés : on a beaucoup jasé autour du premier — qui était pourtant le plus ennuyeux — ; on a un peu évoqué le second, qui marquait des différences sensibles entre les candidats ; on a ignoré le troisième, qui mettait pourtant à jour l'incroyable incapacité de Ségolène Royal à accéder à la fonction suprême. Il m'étonne toujours de voir qu'on s'indigne de la nomination du cardiologue Philippe Douste-Blazy au Quai d'Orsay, mais que d'aucuns espèrent voir « l'égérie des sondages » à l'Élysée, ce qui est autrement plus grave.
Tant qu'on n'aura pas, en effet, modifié les institutions — tout le monde en parle, personne ne le fait, ne serait-ce que de façon légère — et la pratique du pouvoir, les thèmes abordés au cours de ce troisième débat étaient et resteront de la pleine compétence du président de la République. Loin toutefois du désastre un peu trop vite annoncé, Mme Royal s'est largement enlisée, sans doute n'avait-elle pas potassé jusqu'au bout l'ensemble des fiches bristol qu'on lui avait soumises.