
À titre personnel, cela faisait depuis le mois de février que je n'avais pas écrit quelque chose de politique ici. Plus trop envie, plus trop d'intérêt à perdre de l'énergie sur une lutte qui devrait être importante, mais qui devient accessoire, faute d'acteurs intéressants. Pourtant, le contexte était très fertile : réforme institutionnelle, crise économique, élection d'Obama. Mais voilà qu'arrive le congrès du Parti socialiste ! Inratable, un sujet pareil.
La politique française depuis l'élection de Nicolas Sarkozy ne ressemble plus à rien. Elle était déjà mal en point, elle devient complètement indigente.
On confère fréquemment à la France un crédit, une réputation, un prestige particuliers. Notre nation les réclame parfois elle-même, dans des accès de suffisance dont elle seule est capable. Toutefois, à l'heure où Benazir Bhutto, l'ancienne Premier ministre du Pakistan et promotrice de la démocratie, est assassinée, l'actualité nationale ne retient pas que le chef de l'État rend visite à Hosni Moubarak, son homologue égyptien, mais que Nicolas Sarkozy se fait payer des vacances de nabab, avec sa nouvelle compagne au bras, et surtout que Mlle Bègue est toujours miss France 2008. Ouf, tout va bien chez nous, alors ?
Cette fois-ci, les sondages disaient vrai, c'est bien Nicolas Sarkozy qui a été élu nouveau chef de notre État. Les responsabilités qui lui incombent sont importantes, car issues de ce scrutin si particulier qu'est l'élection présidentielle au suffrage universel direct. 86 % de Français ayant choisi à plus de 53 % le candidat de la majorité parlementaire sortante, ce dernier pourra s'asseoir sur une légitimité populaire rarement égalée.
On peut se poser quelques questions sur les moyens que nous autres, pauvres citoyens, munis seulement d'un bulletin de vote et parfois de quelques neurones connectés entre eux, possédons pour résister à ce combat aseptisé entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Il semble indéniable que cette bipolarisation, qui n'est même pas située sur un axe droite-gauche, entraîne une surenchère démagogique, puisque jamais dans l'histoire récente électorale, une paire de candidats ne s'est présentée à quelques mois du premier tour avec un gros quart des suffrages chacun.