De la musique, toujours plus

Drake et Tim Cook

Le type en blanc, au milieu de la photo, s’appelle Drake. Il est canadien et est une superstar du rap et du RnB. À côté, on aura reconnu Tim Cook, le PDG d’Apple, accompagné de deux de ses collaborateurs. En dessous, l’équivalent du disque d’or, de platine ou de diamant, décerné jadis pour célébrer des ventes mirifiques de musique, qui en mettaient plein les poches de l’interprète, mais surtout de la maison de disques. Il ne s’agit donc plus d’un disque d’or, mais d’un cadre symbolisant un milliard d’écoutes de son album Views sur le service de streaming d’Apple, Apple Music ; un record pour ce service, lancé en 2015. Une autre photo, publiée sur les réseaux sociaux par Drake lui-même, montre un « Thanks! » dédicacé par Tim Cook sur ce cadre. Apple est devenu le distributeur officiel de Drake, puisqu’ils ont signé ensemble une juteuse exclusivité de diffusion, pour seulement une semaine (!), à compter de la date de sortie du disque. Presque la première fois qu’Apple Music se lançait là-dedans, c’était début 2016. On parle de 19 millions de dollars sur le compte en banque du musicien, pour un ensemble d’exclusivités dont on ne connaîtra pas le détail. Trois fois rien.

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Le citoyen numérique

Icônes applications

La vieille constitution de 1787 le lui impose : Barack Obama va devoir s’en aller de la Maison Blanche, après huit années de présidence cool. Il semble qu’il serait bien resté parader, pourtant. À sa première élection, en 2008, le « premier président noir des États-Unis » suscitait, à ce motif, le défilé réjoui de plusieurs millions de ses concitoyens, qui étaient conscients qu’une page de l’histoire ségrégationniste de leur pays se tournait. Obama faisait ainsi tourbillonner des milliers de médias qui avaient pris parti pour lui, depuis bien longtemps. Au terme de ses deux baux à la Maison Blanche, comme désormais à chaque fois qu’un individu a le mandat populaire de s’accaparer, sur son seul nom, de trop nombreux pouvoirs, la déception est de mise. Il n’aurait pas assez fait, pas assez contenu le célèbre « lobby des armes », pas fait prendre aux États-Unis les bonnes décisions dans les conflits géopolitiques actuels, se contentant du vernis et de l’écume.

Pourtant, s’il est un domaine où le pays de Barack maintient une indiscutable hégémonie, c’est son influence culturelle. Peu refusent le McDonald’s, le centre commercial géant rempli de magasins franchisés partout appelé mall, la série emblématique de l’époque (hier « Star Trek », aujourd’hui « Game of Thrones »), dont chaque nouvelle saison est attendue fébrilement.

Depuis 2008, les Américains n’ont pas non plus manqué le coche en matière d’économie du numérique : Google, Facebook, Apple, Uber, LinkedIn, Airbnb, Microsoft, Twitter, Amazon, chacun leader mondial dans son domaine, sont tous des sociétés américaines, valorisées en milliards de dollars. Au pire, si ces gros bonnets ne remportent pas la mise sur une activité qu’ils auraient négligemment laissée au reste des États-Unis, voire, pire, au reste du monde, ils utilisent leurs moyens colossaux pour racheter l’audacieux imprudent qui aurait osé chasser sur leurs terres.

Cela serait sans conséquences si le comportement de ces entreprises, sans être vertueux, était responsable. Ce n’est absolument pas le cas, mais la plupart de nos congénères occidentaux préfère détourner le regard. Vers son téléphone.

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