Logo de la charte de l'environnement Ségolène Royal n'hésite pas à avancer, dans tous ses discours copiés-collés, que « l'excellence environnementale et le codéveloppement solidaire » constitueraient un de ses thèmes majeurs de campagne présidentielle, « parce que la France ne se sauvera pas toute seule. Notre avenir, c'est aussi l'avenir des pays les plus pauvres de la planète et nous avons, dans cette campagne, à répondre à leurs interrogations et à leurs attentes. » Nicolas Sarkozy a, lui, fait de Nathalie Kosciusko-Morizet, polytechnicienne spécialiste de l'environnement et député UMP de l'Essonne, sa caution écologique, tout en reléguant ce point aux annexes du projet législatif de son parti.

Ces cadors des deux partis pachydermiques considèrent ainsi l'écologie comme un enjeu plus important que dans le passé, parce que la donne a changé. En entrant dans un nouveau cycle politique — il est probable que le prochain président de la République soit quincagénaire —, le débat s'enrichit de nouveaux thèmes. L'écologie illustre d'ailleurs tout l'échec de la campagne présidentielle de 2002 : la concentration des attentions sur la sécurité avait éclipsé l'intérêt de ce sujet dans le débat, et ce n'est pas Noël Mamère ou Corinne Lepage, avec leur charisme somme toute limité, qui avaient contribué à le mettre davantage en lumière.