Dire que j'ai aimé Two Lovers serait une sorte d'euphémisme éhonté. J'y allais largement convaincu par les trois précédents films de James Gray — Little Odessa (1994), The Yards (2000), La Nuit nous appartient (2007) — et avec quelques images de chacun d'entre eux dans la tête.
Dommage que ce Two Lovers ne soit sorti qu'en 2008, et pas avant, car j'ai la sensation que l'on est plus tâtillon qu'il y a quelques décennies pour décréter qu'un film passerait à la postérité. James Dean et Natalie Wood, à côté de Joaquin Phoenix et ses partenaires, c'est de la bluette surannée.
En mai dernier, Sean Penn attribuait la Palme d'Or à Entre les murs, le film de Laurent Cantet, adapté du roman de François Bégaudeau, dont je connaissais bien la plume pour avoir lu des billets inégaux et prétentieux à propos de football dans Le Monde, ainsi que quelques critiques bien senties dans Les Cahiers du cinéma. J'ignorais en fait qu'à cette époque (ou juste avant) son activité principale était d'être prof de français. Le film, dans lequel il interprète presque son rôle sous un nom d'emprunt, prend le temps d'en dresser le portrait et celui d'une de ses classes, avec patience et justesse.
Le festival de Cannes qui vient de se clore sur la Palme d'Or décernée au film de Laurent Cantet, Entre les murs, fut, cette année encore, fidèle à lui-même : un formidable miroir de la situation du cinéma mondial et un défilé indécent de vedettes, aux cachets démesurés finançant l'exhibition grossière de leurs paires de jambes, yeux, joues, seins, fesses. Entre films souvent exigeants et mondanités engoncées, l'événement cannois se débat dans sa dualité, qui pourtant le fait vivre.
Étrange titre que ce simple mot, utilisé comme un titre... de noblesse. Un mot utilisé telle une ritournelle et qui à chaque phrase semble pouvoir apporter son lot d'émoi. Je n'irais pas plus loin qu'une récente conversation pour capter les critiques faites autour du film Paris, je crois qu'elles ne sont pas bonnes : tel un Sarkozy, je n'utiliserais que mes émotions pour juger de la qualité de la chose. Si elle m'émeut, tant pis, je ne serais qu'un veau populaire.
La question de l'universalité du cinéma des Coen mérite d'être posée. Car, si la plupart de leurs confrères peinent à réaliser l'union et le consensus entre professionnels et spectateurs, entre cinéma d'auteur et grand public, entre divertissement et art, le binôme du Minnesota parvient à réaliser une synthèse inédite. No Country for Old Men est le digne douzième rejeton des Coen, qui ne se répartissent plus les rôles comme ils le firent jadis parfois (Joel à la réalisation, Ethan à la production), mais bâtissent ensemble une impressionnante synergie créatrice, que leurs deux êtres alimentent toujours de façon harmonieuse.