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Macron, la gauche et les costards

Macron

Jugée comme « la plus rétrograde d’Europe », la gauche française se voyait accusée [par Michel Rocard] d’avoir perdu la bataille des idées, et tout concourait hélas à laisser deviner que, pour lui, une « victoire » eût consisté à pousser les feux plus loin encore vers la déréglementation de nouveaux marchés et l’exigence d’austérité. L’ex de la banque Rothschild qui avait été porté à la tête du ministère de l’Économie, poupon au regard exalté que certains rêvaient de porter tout au sommet, trouvait néanmoins grâce à ses yeux. Le jeune Macron « reste du côté du peuple, donc de la gauche », se portait garante la pythie socialiste, au soir de sa vie. Nul n’aurait pu dire exactement à quelle intuition ou à quel événement inconnu du public Michel Rocard se référait, tant chaque apparition dans une usine ou chaque percée dans un bureau de poste dudit Macron se terminait par la vindicte d’ouvrières outrées par son irrespect, par d’indignes bousculades avec des chômeurs en fin de droits, quand ce n’était même par des œufs écrasés.

Aude Lancelin, ancienne directrice adjointe de L’Obs (dont elle a été licenciée) et de Marianne, dans Le Monde libre, prix Renaudot essai 2016.

Les primaires, non merci !

      Léa Salamé sur France Inter – 15 février 2016

Elle était bien embêtée, cette chère Léa Salamé, allégorie de la société médiatique de l’époque, avec son intransigeance professorale et son stupéfiant empressement à passer d’un sujet à l’autre. À 7 h 50 ce lundi matin de lendemain de Saint-Valentin sur France Inter, elle recevait le vétéran de l’indignation germanopratine, le parangon de la gauche autoproclamée intellectuelle, Jack Lang, bien recasé par son ami, le président, à l’Institut du monde arabe (il a dû s’encanailler dans le 5e arrondissement, notre petit mouton).

Fin de l’entretien, question qu’elle avait pourtant sans doute bien ajustée : « Vous comprenez cette ferveur, cet engouement, cet enthousiasme de… de… des… des… Français pour les primaires ? », balbutie-t-elle, en saisissant l’arnaque de sa question au moment où elle l’énonce. Bien entendu ! Les primaires, c’est un jeu de journalistes. Les primaires, c’est la démocratie « à la portée des caniches ». Les primaires, c’est le lourd tribut que nous payons à l’inamovible Ve République, qui, jusqu’alors, ne connaissait pas d’assez près le Front national.

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