Vivre loin, c’est bien !

Dessin illusion optique

Du haut de mes trente-deux ans, je pratique depuis ma naissance un nomadisme au long court qui ne m’aura jamais vu habiter plus de cinq ans au même endroit. J’ai ainsi quitté le Nord en ce début d’été pour rejoindre l’agglomération lyonnaise, où je n’ai pas d’amis, aucune racine et zéro famille, hormis la plus proche bien sûr, celle sans qui rien ne s’envisage aujourd’hui.

Pour la première fois de ma vie cependant, je ressens le besoin d’un temps d’arrêt, de m’inviter pour de bon dans un territoire, de ne plus avancer plus loin… Étrange désir que celui de vouloir trouver son chez soi ! J’estime mes parents issus de terres de caractère (ou est-ce parce que ce sont mes parents que je les considère telles ?) mais pour moi ? Nulle autre racine que les parentales : rogatons de racines, des radicelles ! Ce questionnement de l’origine m’agace, car il m’oblige à me demander si je suis de quelque part ou de partout, à savoir quel serait mon petit Liré et si je ne cherche pas vainement un mont Palatin en fuyant en avant. Ce questionnement m’agace parce qu’il n’a pas de réponse, ou plutôt parce qu’il pourrait avoir des réponses désagréables, car être de partout, c’est être de nulle part.

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